Daraya : des livres pour vivre !

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« Les livres ne peuvent pas arrêter la guerre ni empêcher les bombes de tomber mais (…) ils aident à rester humain, à s’accrocher à la vie, à maintenir une lueur d’espoir. » Delphine Minoui

En 2017, paraissait Les passeurs de livres de Daraya – Une bibliothèque secrète en Syrie 1 ouvrage de Delphine Minoui racontant l’histoire d’une résistance pacifiste menée de 2012 à 2016 par une quarantaine de jeunes syriens, parmi lesquels Shadi, Jihad et Ahmad. Ils ont récolté à Daraya, ville assiégée par les troupes de Bachar al-Assad, 15 000 livres dans les maisons bombardées afin de créer une bibliothèque pour les habitants de cette banlieue de Damas avant que le régime ne les force à quitter la ville le 27 août 2016.

La bibliothèque a été pillée par les soldats mais l’histoire ne s’arrête pas là. Certains sont partis à Idlib où ils ont poursuivi l’aventure en créant une bibliothèque ambulante grâce à des livres qu’ils ont réussi à faire passer en contrebande depuis Damas. De villages en villages, d’écoles en écoles, le bibliobus apporte de la lecture aux femmes et aux enfants car « aider à choisir un livre, c’est introduire peu à peu la démocratie ».

Shadi, quant à lui, est passé en Turquie où il a retrouvé Delphine Minoui avec des disques durs contenant des dizaines d’heures de vidéo. De ce récit bouleversant, Delphine Minoui décide de faire un documentaire 2 avec l’ambition assumée de « donner à voir ce que le régime de Bachar al-Assad a voulu effacer : la mémoire vivante de Daraya ».

Les images rapportées par Shadi de ces quatre années de siège donnent un film qui se veut à la fois le récit du passé et du présent. Dans le documentaire, nous voyons ces jeunes entrés en résistance depuis 2011 dans la ville de Daraya, vidée d’une bonne partie de ses habitants, agonisant sous les barils d’explosifs bourrés de TNT et de métal lâchés par les hélicoptères de Bachar al-Assad.

Il y a aussi le manque d’eau, d’électricité, de nourriture et de médicaments et la survie dans une ville assiégée : la récupération de bois pour se chauffer, le jardinage pour se nourrir, la lecture et les débats dans la bibliothèque clandestine.

Delphine Minoui n’a pas pu tenir sa promesse d’amener son livre à la bibliothèque de Daraya mais par l’écrit et l’image, elle a su raconter cette résistance par les livres. Les amis restés en Syrie ont fini par passer la frontière.

« Avant la révolution, on nous abreuvait de mensonges, raconte Ahmad… Il n’y avait aucune place pour le débat. […] Les livres, c’est notre façon de rattraper le temps perdu, d’effacer à jamais l’ignorance. » car il faut rappeler qu’il n’y avait pas de bibliothèque publique dans la ville de Daraya avant le siège par les troupes de Bachar al-Assad !

 

Un témoignage édifiant sur une quête de liberté et une ode à l’amitié et à la résistance par les livres.

 

Que sont devenus Shadi, Jihad et Ahmad depuis la fin du documentaire ?

Shadi est toujours en Turquie, il a fait une demande d’asile en France dans l’espoir de poursuivre des études afin de devenir cameraman. Il profite de son temps libre pour lire.

Jihad habite à Gaziantep où il travaille pour une organisation qui vient en aide aux Casques blancs de la Défense civile syrienne. Il dévore des ouvrages de psychologie et relations humaines.

Ahmad s’est installé à Gaziantep où il travaille pour deux ONG qui soutiennent la société civile syrienne.

 

[1] En 2018, le livre a reçu le Grand Prix des Lectrices Elle dans la catégorie « Documents ».

[2] Ce documentaire était disponible en replay sur France 5 jusqu'au 17.03.19

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