Un livre mémorial, hommage aux cheminots victimes de la répression (1940-1945)

 

2 672 noms ont été recensés dans cet ouvrage collectif dirigé par l'historien Thomas Fontaine. Il est le résultat d’un travail d’envergure lancé en 2011 et coordonné par l’association Rails et histoire. A la fois référence scientifique et ressource pédagogique, l’ouvrage comprend 1764 pages, la liste des sources, une bibliographie, 2 672 notices et 800 photographies.
Autant de portraits, de parcours, d’engagements, de destins tragiques.
 

 

Le livre rend hommage aux cheminots victimes de la répression menée par les autorités nazies et le régime de Vichy entre 1940 et 1945. Il présente les biographies de 2 229 cheminots : otages fusillés, abattus, disparus en prison ou en déportation et 443 agents victimes des combats de la libération.

Il aborde pour la première fois le sujet de la répression sous l’angle professionnel. Dans le comité de projet ont travaillé conjointement : le Service Archives Documentation de la SNCF (SARDO), le Cercle généalogique des cheminots, l’Institut d’histoire sociale CGT Cheminots, l’association Rail & Mémoire, l’ANCAC (Association nationale des cheminots anciens combattants), la Fondation pour la mémoire de la Déportation, La Coupole, l’association Mémoire Vive, le Service historique de la Défense et des experts.

Du point de vue de la mémoire, l’ouvrage s’inscrit dans le mouvement actuel de l’histoire qui privilégie les parcours de vie des individus pour mieux comprendre l’histoire collective.

 

Louis Coquillet

Il vient en complément des « livres mémoriaux » qui ont été construits par Serge Klarsfeld pour les Juifs de France, par la Fondation pour la mémoire de la déportation pour les déportés de répression, par divers ordres et instituts (pour notamment les Compagnons de la Libération), par plusieurs collectivités locales.

Les trente-neuf auteurs ont confronté les archives émanant de la SNCF, d’associations, des syndicats, des familles des disparus, ont étudié les plaques commémoratives et vérifié les données incomplètes pour renseigner les biographies.

Les informations parfois lacunaires ont nécessité des recherches croisées. Alors que certains éléments étaient tombés dans l’oubli, d’autres étaient portés par le souvenir des descendants mais les traces écrites restaient ténues.
Les trois chapitres introductifs constituent une synthèse qui permet de mieux comprendre comment la répression s’est exercée sur les agents de la Sncf.
 
La résistance fut collective, elle fut aussi individuelle.

 

 

 Rene Pottier

 

 

Appartenant ou non à des réseaux de résistance, des centaines de cheminots prirent des risques en bravant les ordres, en donnant des renseignements sur la circulation des trains, en déviant les convois… Les cheminots communistes, susceptibles d’entreprendre des actions étaient particulièrement visés par les Allemands comme otages à fusiller ou à déporter. Des cheminots non résistants furent arrêtés, 350 d’entre eux furent exécutés, victimes de représailles.

Malgré l’importance et la cohérence du corpus représenté, ce vaste chantier n’est pas refermé, estime Thomas Fontaine, actuellement en charge du Musée de la Résistance nationale.