Le Jeu du chemin de fer, du divertissement à l’aspect didactique

Ce plateau de jeu, conçu comme un jeu de l’oie et imprimé à Metz1 vers 1855, a été réalisé d’après l’idée d’Ernest Henry, chef de la division du mouvement au chemin de fer de Nancy à Sarrebruck.

Cette gravure de grand format représente une spirale de 63 cases numérotées et illustrées en couleur et quatre scènes humoristiques dans chaque angle. Le jeu donne une approche globale de l’environnement ferroviaire de cette époque ainsi que des précisions techniques grâce aux détails minutieusement dessinés.

Le joueur prend le départ au bureau de la station et doit parvenir le plus rapidement possible sur la case n° 63, le terminus. À tour de rôle, les joueurs lancent les dés et effectuent un parcours comprenant des pièges (les oies de neuf en neuf sont remplacées par des stations) et des pénalités qui risquent de ralentir leur avancée.

Ainsi chacun découvre en s’amusant le matériel ferroviaire et son vocabulaire : locomotive, tender, wagons à bagages, wagon postal…, peut approfondir ses connaissances sur les infrastructures : aiguillages, signaux, plaque tournante, passages à niveau…, les ouvrages d’art : ponts, tunnels… et les métiers du rail.

Destinés aux enfants comme aux adultes et sur des thèmes sans cesse renouvelés, les jeux de l’oie ont traversé les siècles. Ce jeu fabriqué au début du Second Empire2 montre que le chemin de fer commence à faire partie du quotidien des français, il nous renseigne sur l’état des connaissances en matière ferroviaire et constitue par là-même une précieuse source documentaire.

 A dcouvrir Jeu du CF OK

Image : Jeu du chemin de fer. Lithographie en couleur (ca 1855) : 50 x 70 cm. Imagerie de P. Didion à Metz et Dehalt Successeur. © CCGPF Fonds cheminot 

 

[1] Moins connue que l'image d'Épinal, l'imagerie messine diffusait de nombreuses gravures, 18 % des images colportées sur le territoire français sortaient des presses de Metz contre 2 % pour celles d'Épinal en 1860.
[2] Probablement très apprécié, il a été réédité jusqu’en 1870 en tenant compte des innovations techniques (liées au chemin de fer) et en utilisant une plus large gamme de couleurs.